Michel Couliet, Archéologue amateur, à découvert il y a quelques années de très anciennes gravures.

"Une fois traduits, ces textes m'ont révélé une histoire extraordinaire.

Une mythologie écrite avant toutes les autres et qui raconte une société vieille de 10 000 ans encore plus ancienne que les premiers royaumes de Mésopotamie ou de Chine.

Une Civilisation où les femmes avaient une place aussi importante que les hommes. Où le féminin était sacré et où chacun avait une part de divinité en soi.

Une philosophie basée sur la quête du savoir et sur la tolérance.


Mais surtout, des préceptes qui auraient servi de fondement à presque toutes nos croyances actuelles. Des religions monothéistes (comme l'islam, le christianisme ou le judaïsme) aux polythéistes (qu'elles soient grecques, celtes, ou inca) en passant par la philosophie taoïste et aux préceptes bouddhiques.

Il apparaît très clairement que toutes les grandes civilisations ont profité des influences de cette toute première religion. Une tradition unique qui rassemble toutes les autres par la source.

Une religion mère."

lundi 7 juillet 2014

Livre III chapitre 3 : l'histoire de Bolgazak

Amer-Akha  était roi de semer-naré et descendant d'Amer-Mari, il régnait sur les deux mers et dirigeait les trois conseils des lanides, des pagasis et des délégués.

La cité de Sémer-Lanna sur la mer d'Axana était réputée à travers toutes les provinces pour la qualité de ses élevages. Amer-Akha voulait connaître à son tour les secrets de l'élevage et désirait faire venir des chevaux sur ses terres.
Il partit alors accompagné de ses deux filles pour acheter quelques bêtes et apprendre leur maniement.
C’est sur un cheval qu'Aponipe le régent de la cité accueillit Amer-Akha.
Anna, l'ainée de ses deux filles visita les élevages et voulut monter sur un cheval à son tour.
Malheureusement le cheval se braqua et Anna eut la jambe brisée.
Amer-Akha devait retourner sur ses terres et dû la laisser car elle ne pouvait pas bouger.
Elle fut alitée pendant une lune, et fut soignée pendant ce temps par un serviteur du nom de Yon.
 Lorsqu’elle fut guérie elle portait l’enfant de Yon dont elle était éprise. Elle refusa alors de rejoindre son père et voulut rester à Sémer-Lanna.
Amer-Akha apprit la nouvelle et entra dans une grande fureur. Il alla voir une lanide nommée Méra qui pouvait voir dans l'avenir. Méra lui dit alors :
- un roi naitra de ta première fille elle ne reviendra pas dans la cité qui l'a vu naitre mais lui reviendra. Il se présentera à toi et te tuera. Ensuite il deviendra le plus grand roi de Sémer-Narée et de toutes les mers. Et son épouse égalera Mirina par sa grandeur.
Amer-Akha ne voulut pas croire la prophétie. Il fit arrêter Méra et interdit aux lanide de pratiquer leur culte.
Afin d'être sûr que rien ne lui arrive, il envoya des hommes à Sémer-Lanna pour faire disparaître le nouveau né.
Les hommes du roi se présentèrent à Anna en disant qu'ils étaient les messagers d’Amer-Akha et dirent qu’ils venaient apporter des cadeaux au nouveau né, mais Yon vit qu’ils cachaient des armes et s’interposa pour sauver sa femme et son enfant.
Yon mourut pendant le combat mais Anna réussit à s’enfuir. Elle prit une barque et partit en haute mer pour ne pas être retrouvée. Là elle enfanta d’un garçon, mais ne survécu pas aux suites de l'accouchement et mourut à son tour.
L’enfant survivant dans la barque échoua seul, sur les côtes de Tatara. Les pêcheurs qui le retrouvèrent l’appelèrent Bolgazak, ce qui signifie sauvé des mers.
L’enfant grandit parmi les pêcheurs, il était particulièrement fort pour son âge et montrait un grande intelligence à la pêche.
Alors qu’il n'avait que treize ans, Tézak, son père adoptif lui confia une barque et un filet pour qu’il parte seul en mer. Lorsqu'il revint, il avait pêché à lui seul plus de poissons que les autres pêcheurs du village réuni. Cet exploit suscita la jalousie chez certains et l’admiration chez d’autres. Craignant le regard des autres, Tézak l’envoya chasser. Bolgazak partit seul avec un arc et quelques flèches. Il revint trois jours plus tard portant un ours sur son dos. Cet exploit fit encore plus parler dans le village. Tézak le cantonna alors à la culture des céréales. Bolgazak eut alors l’idée de détourner l’eau de la rivière pour irriguer son champs. Sa culture fut la meilleure de la décennie. Tézak qui craignait toujours plus le regard des autres, lui demanda de rester à la maison avec ses sœurs. Mais Bolgazak voulu construire un abri pour ses chèvres. Il abattit les plus grands arbres de la forêt et construisit une bâtisse plus grande que toutes celles du village.
Alors les gens du village vinrent voir Tezak et lui demandèrent que Bolgazak donne de sa force pour la communauté. Ils lui demandèrent de trouver une solution contre l’ensablement des berges du village. Bolgazak réfléchit et fabriqua un immense barrage en amont du village en jetant des rochers dans la rivière. Quand l’eau cessa de couler les habitants furieux vinrent se plaindre. Mais Bolgazak frappa d’un coup le mur de pierres et toute l’eau se déversa si vite qu’elle emporta la vase et le sable qui gênaient les navires. Bolgazak fut alors aimé et respecté parmi les pêcheurs.
Un soir alors que Bolgazak n’avait que seize ans, une femme vint demander refuge dans sa demeure.
Elle venait de Semer-Naré et avait fui la cité car Amer-Akha était devenu fou et asservissait son peuple.
Elle leur raconta qu’un jeune homme né de la première fille du roi viendrai à Semer-Naré tuerait le roi et deviendrait le plus grand roi des Damis.
Bolgazak comprit qu’il était celui dont parlait la prêtresse et partit dés l’aube pour Sémer-Naré.
Arrivé dans le palais d’Amer-Akha, il ne se fit pas connaitre et demanda à être serviteur comme l'avait été son père. Le roi qui n'imaginait pas que le fils d'Anna puisse avoir survécu, ne se douta de rien et accepta de prendre Bolgazak comme servant. Rapidement, sa beauté et sa force firent de Bolgazak le préféré du roi.
Amer-Akha partit à la source d'Appasa pour lui offrir un sacrifice. Il était devenu fou et dit que le sacrifice d’un animal ne suffirait pas à combler Mangi, il ordonna qu’on sacrifie un enfant.
Bolgazak demanda alors a être lui-même sacrifié. Il demanda en échange que seul Mangi et la grande prêtresse soit témoin de son sacrifice. Le roi accepta et ordonna que tout le monde se bande les yeux.
Cyréna La grande prêtresse était la petite fille du roi et la cousine de Bolgazak.
Leur ressemblance était si frappante que tous à l'exception d'Amer-Akha avait deviné qui était Bolgazak.
Elle connaissait la prophétie de Méra et, comme elle aimait son cousin, elle fit mine d'accepter son sacrifice, car elle savait qu'il ne mourrait pas.
Alors que tout le monde avait les yeux bandés, Bolgazak prit son arc et tua un aigle qui survolait la source. L’oiseau tomba mort dans la source répandant une mare de sang. Bolgazak prit l’animal et le plongea au fond du bassin jusqu'à se qu’on ne les voit plus.
Cyréna la grande prêtresse ouvrit les yeux du roi et déclara avoir fait ce qu’elle avait à faire. Tous repartirent laissant Bolgazak pour mort.
Quand la nuit fut tombée, Bolgazak revint au palais de Semer-Naré recouvert du sang et des plumes de l’aigle. Lorsque le roi le vit il crut voir un esprit. Bolgazak lui dit
- Je suis Bolgazak, fils d'Anna ta fille que tu as laissé mourir par ta folie. Mangi et ses descendants ne tolèrent pas le sacrifice humain ni la violence de l'homme qui s'oppose aux préceptes de Mirina. À présent l'air de la discorde est révolu. Tu dois quitter la cité ou disparaître à jamais.
Amer-Akha le frappa de son lébir, mais Bolgazak évita le coup et le jeta du haut du palais sur la place de la cité.
Au lever du jour, la grande prêtresse Cyréna déclara que Bolgazak était le nouveau roi de toutes les mers et de toutes les terres.

Bolgazak épousa Cyréna la grande prêtresse et en fit sa reine.

Livre III chapitre 4 : les lois de Cyréna

Cyréna était la fille de Carémis la petite sœur d'Anna. Elle était devenue grande prêtresse à la mort de sa mère et avait le même âge que Bolgazak.
Tous deux se ressemblaient comme frère et sœur et s'aimaient comme Alamon et Lanna.

Bolgazak et Cyréna la grande se partagèrent le trône de la cité.
Bolgazak était connu pour sa force spectaculaire et reconnu comme le plus grand roi qui n'avait jamais régné sur les mers intérieures. Et Cyréna la grande possédait un esprit plus lumineux que toutes les lanides et les pagasis.
Cyréna reconnut que la connaissance de Lanna s'était répandue dans le monde, mais elle craint que les hommes n'oublient leurs traditions et les valeurs qui les accompagnent. Elle voulut alors rencontrer les rois et reines du monde jusqu'aux terres les plus reculées, pour s'assurer de leur sagesse.
Bolgazak voulu d'abord l'en dissuader, mais ne pouvant la faire changer d'avis il l'accompagna.
…
Ils quittèrent le onzième royaume et partirent ver les monts du ciel ….
…
La cité des Tourkouk était perdue au milieu des grandes plaines froides
…
Le roi Arcina leur ouvrit
…
Cyréna lui enseigna les grands préceptes et le roi les adopta.
Bolgazak offrit alors un sacrifice à Lanna car toutes les terres connaissaient sa grandeur.
Trois lunes passèrent avant que Bolgazak … ne voulut repartir
...
Cyréna fuit durant la nuit et partit vers l'ancien royaume de Wému mais Bolgazac la reconnut et lui dit.
Mon aimée, ton devoir n'est plus de vivre mais de protéger les tiens. Si tu vas vers les terres rouges tu n'en reviendras pas.
…
(Ils retournèrent dans leur cité)
…
Ils rétablirent les trois conseils qu’Amer-Akha avait annulés.
…
Cyréna ordonna aux lanides d'écrire un calendrier des astres pour que tous les êtres du monde vivent le même jour de la même année.
Améne sœur de Cyréna et nouvelle grande prêtresse annonça le calcul du temps:
Il y aura trois heures dans un jour, l'ascendante, la descendante et la nuit
Il y aura cinq jours dans une semaine et le dernier jour n'aura que deux heures
Il y aura six semaines dans une lune
Il y aura douze lunes dans une année chaque lune portera l'esprit d'un des premiers
Une semaine sera ajoutée après chaque année pour célébrer la renaissance d'Alamon
Il y aura une semaine de plus offerte tous les dix neuf ans pour célébrer le retour de Lanna
Il y aura soixante douze ans dans un cycle et trente cycles dans un temps
L'ère des damis durera six temps comme celle des akos avant elle et sera remplacée par une nouvelle ère des akos

Ainsi lorsque le cycle de Cyréna et de Bolgazak prendra fin, commencera le troisième temps des damis.
Chaque année suivra le parcours des premiers êtres :
A l'annonce de la première lune qui voit renaître Alamon
Ce sera le temps de la naissance
L'arbre de vie qui jamais ne meurt sera célébré pour la renaissance du soleil

Menat portera la deuxième lune dans son infinie sagesse
Ce sera le temps de la lumière
Les flammes du savoir seront allumées et la terre sera pareille au ciel étoilé

L'entité primordiale sera célébrée dans la troisième lune
Ce sera le temps du calme
Les hommes et les femmes se reposeront avant la renaissance de la vie

La lune qui annonce Istar sera celle du nouveau temps
Ce sera le temps de l'amour
Les femmes choisiront d'éveiller leur divinité et hommes les aimeront

Tikis reviendra dans la cinquième Lune
Ce sera le temps de la nature
Les arbres seront plantés en son honneur et l'on fêtera son retour

Le temps de Taros viendra alors dans la sixième lune
Ce sera le temps de la force
L'animal sera sacrifié et partagé par tous

La septième lune rappellera l'esprit de Kaour
Ce sera le temps du travail
Les hommes et les femmes travailleront et s'aideront dans leurs efforts

Mangi portera la huitième lune
Ce sera le temps de la vie
Le bain sacré signifiera la nouvelle naissance dans la connaissance de la mère des hommes

Le temps d'Adja viendra dans la neuvième lune
Ce sera le temps de l'ordre
Les hommes et les femmes choisiront alors leurs chefs

La lune qui annoncera Lana sera celle du nouvel ordre
Ce sera le temps de la féminité
Les hommes et les femmes vénéreront le féminin sacré

Bakouha portera la onzième lune
Ce sera le temps de l'équilibre
La nourriture sera partagée entre tous et la justice sera assurée.

Le temps d'Aris viendra alors
Ce sera le temps de la méditation
Pendant une semaine, les hommes et les femmes jeûneront le jour et prieront la nuit pour la mémoire des morts. Ils ne travailleront pas et vivront avec sobriété.

Viendra alors la lune de Makéha
Ce sera le temps de l'espérance
Un repas sera célébré pour conclure le temps d'Aris et pour honorer la première femme.

Bolgazak voulu également maintenir l’ordre à travers les terres et les mers, il demanda aux pagasis de rédiger 12 principes et de les faire connaître à travers le monde. Les trois grands préceptes de Mirina seront les trois premiers et les neuf suivant aideront chaque être à s'éclairer dans sa vie.

Ne fais rien qui puisse nuire à autrui
Ton esprit doit être aussi pur que tes actes
Tous tes actes bons ou mauvais te seront rendus au double
Soit pur dans ton esprit dans ton corps et ton âme
Vénère le vivant, et ne tue que pour protéger la vie
Vénère la féminité divine
Cultive ton esprit ton corps et ton âme
Aime, respecte et protège les tiens
Tu n'auras comme maître que toi et tu n’asserviras pas les autres
Accueille l’étranger comme ton frère
Soit sobre et modeste dans ta vie comme dans tes désirs
Si tu respectes ces préceptes, tu peux penser dire et faire ce qui te plait

Bolgazak et Cyréna connaissaient les secrets de l’Abelralé et des ternis. Ils connaissaient les plantes magiques des terres d'Akoy. Ils connaissaient la mémoire des arskas et des akos. Les peuples de Balbisos, Manasé, Téménak, Arpa et Ouarhé acceptèrent ces lois. Plus personne ne pouvait prétendre être ou avoir été plus puissant qu'eux.
Arrivé à la fin de sa vie Bolgazak voulu retourner sur la terre de son enfance. Il y fonda la cité de de Sémer-Lanna à l'embouchure du grand fleuve de Boré.
Bolgazak mourût ainsi loin de Sémer-Naré mais entouré des siens.
Cyréna n'arrivant pas à surmonter sa peine, elle prit une barque et remonta le fleuve Donak jusqu'aux terres de Boréah.

Jamais elle ne revint mais son esprit était resté auprès de Bolgazak.

Livre III chapitre 5 : Lamek le sage

Lamek était un Elomite, il vivait dans une grotte sur les monts de Taros. Il avait été un Pagasis et connaissait les rois des terres chaudes. Il était le premier homme à avoir gravit les 7 marches d'Aris et sa sagesse était connue de tous.

Un jour Paha-al roi de Hatoha vint le voir pour lui parler d'un rêve qu'il avait fait.
Dans son rêve, le roi voyait son jeune fils le tuer.
Paha-al ne savait pas s'il devait sauver sa vie en tuant son fils ou risquer de la perdre en l'épargnant.

Lamek lui dit :
Tu ne risques rien de ton fils si ton fils ne risque rien de toi. Il te faut aimer ton fils si tu veux être aimé de lui. Comme tu dois chérir ton peuple si tu veux qu'il te chérisse. Lanna a Alamon pour briller, le prophète a besoin de son disciple pour que ses pensées lui survivent et le roi a besoin d'un successeur pour l'honorer.
Je connais ton royaume et je sais ce que l'on dit de toi. Tu es un bon roi et tu respectes les grands préceptes. Maintenant, retourne à ta cité et donne ta ceinture à ton enfant. Embrasse-le et reviens vers moi.
Paha-al fit ce que lui dit Lamek. Lorsqu'il revint dans la grotte Lamek retira son bonnet et lui posa sur la tête. Il lui dit alors :
Tu es un nouvel homme maintenant, libre d'aimer et de fermer les yeux. Reste à mes côtés et je t'aiderai à voir la lumière cachée dans l'ombre. Tu viens de donner toute ta vie à ton enfant et je t'en remercie car maintenant je vais te donner la mienne. Tu deviendras mon disciple et tu porteras ma parole après ma mort.
Paha-al garda le bonnet et ne revint plus jamais dans son ancien royaume. Il avait trouvé la paix qu'il n'avait pas trouvée dans le pouvoir de sa cité.

Lamek quitta sa grotte suivi des siens et voyagea dans les pays.

A deux jours de Sémer-Naré il traversait la cité d'Appasa, et entendit les lamentations d'un homme dans la rue.
L'homme était très pauvre et vivait de la mendicité.
Lamek lui demanda ce qui provoquait son énervement et l'homme lui répondit.
- Tu sembles serein dans tes certitudes Lamek, mais moi je viens d'une autre mer et d'un autre pays et j'ai vu la-bas que les hommes n'aiment plus Lanna comme leur parent, ils vénèrent leurs rois comme des dieux et négligent leur reines. Ta foi est grande, mais elle ne sauvera pas les hommes de l'oubli.
Lamek s'approcha de l'homme et lui dit.
- Vieil homme, tu as plus voyagé que moi et tu sais des choses que j'ignore. Mais la foi de l'homme pour Lanna dépasse sa mémoire, car les religions qu'il invente ont été construites sur les ruines des anciennes. Quelque part dans son âme il prie sans le savoir Lanna et Alamon qui ont fait naître ses ancêtres. Et si les trois préceptes sont oubliés de son cœur, il y aura toujours des hommes et des femmes érudits qui lui rappelleront. Ne craint pas pour Lanna. C'est de l'humain dont tu dois te soucier.
Le mendiant cria qu'il n'aimait pas les hommes qui oubliaient leur histoire.
Lamek lui dit alors
- La première chose à savoir c'est que tout être doit être aimé
Le viel homme regarda Lamek puis détourna la tête
...
Lorsque Lamek quitta la cité le mendiant s'était levé pour le suivre.



Livre III chapitre 6 : la chute de Vahana


…
A Achem succéda Potihia, à Potihia succéda Azek, à Azek succéda Damanaé qui régna sur les terres et les mers du monde.
Damanaé eut trois filles Damas Daci et Danai.
Damas régnait sur la cité de Sélapa et sur toute la mer d'Axana.
Daci régnait sur la cité de Sémer-Lanna et sur le fleuve Donak
Et Danai succéda à Damanaé sur la cité de Sémer-Naré et régnait sur les iles de la mer Blanche.
...
Les peuples de Boréhar bâtirent des cités près des côtes des mers intérieures.
Ces hommes avaient perdu la foi en leurs ancêtres et ne croyaient plus en la divinité de chaque être ni au féminin sacré. Ils avaient aboli la quête du savoir pour la quête de la possession.
Ils ne vénéraient plus leur mère et ne voyaient plus qu'Alamon pour toute divinité.
Ils ne maîtrisaient pas la science de la navigation et apprirent auprès des damis. La plupart commerçaient en paix avec les cités damis en respectant les douze préceptes.
Beaucoup se mêlèrent aux cités damis et vécurent en paix parmi les habitants. Certains retrouvèrent à leur contact la croyance primordiale qu'ils avaient perdu de leurs ancêtres.
Mais d'autres qui se faisaient appeler « patriarches » invoquèrent la toute puissance d'Alamon sur le vivant et fondèrent des sectes intolérantes au sein des cités.
Lanna et Alamon furent mécontents. Pour punir les oublieux, Alamon refroidit la terre. Un hiver sans fin recouvrit alors toutes les terres.
Les cité connurent la faim, et des luttes naquirent entre les hommes.
Les Patriarche attaquèrent les cités côtières.
Les cités damis, boréhas, atis et askans s'unirent pour repousser les patriarches.
Mais beaucoup d'entre eux se trouvaient déjà dans les cités attaquées et aidaient les assaillants.
Toutes les cités côtières furent prisent une à une.
La cité d'Arskan fut détruite et le roi Neti fut tué.
Le royaume d'Ahakadi fut à son tour ravagé et le roi Sarkal dû fuir dans la cité d'Aratasé. Mais même ce puissant royaume ne résista pas.
Alors les patriarches se tournèrent ver les dernières grandes cités damis.
Sémer-Lanna fut prise mais Sépala résista
La reine Damanaé partit alors vers Sélapa mais fût tuée dans les gorges de Mati.
Les patriarches partirent alors attaquer Sémer-Naré qui n'avait plus de reine.
Danai n'avait que douze ans, Vahana la grande prêtresse régit la cité de Sémer-Naré pour elle.
L'été n'était pas revenu à Sémer-Naré et beaucoup accusèrent Vahana d'avoir fâché Alamon.
Un petit groupe de damis se convertit aux patriarches et ouvrit les portes de la cité à leur arrivée.
Les patriarches montèrent sur le mont de Pagis et détruisirent le temple de Menat.
Ils mirent le feu au palais et les flammes prirent dans toute la cité.
En une nuit, la cité de Sémer-Naré fut anéantie.


La grande prêtresse Vahana fuit Sémer-Naré avec ceux qui le purent et s'installa en la cité de Festana sur la mer Blanche.

Livre IV chaoitre1 : le voyage des fils de Sabout

De toute l'île de Manasé les terres de Kanas étaient les plus riches. Le grand roi de Kanas avait fait édifier un palais plus grand et plus puissant que ceux des Empires d'Askan, de Hati ou d'Anchari.
La cité vivait en paix avec les Damis des autres mers mais aussi avec les elomites et les acaimos avec lesquels ils commerçaient.

Vinrent alors cinq maux qui ravagèrent les peuples de l'ile de Manasé.

Les grands rois des hautes terres, jaloux de la puissance de Kanas ne voulurent plus commercer avec les navires des damis.
Les cultures séchèrent trois années de suite sur toutes les terres de l'île.
Les réserves de graines pourrirent dans les fûts du palais.
Les navires des trois plus grandes cités furent détruits par les flots.
Les habitants affamés attaquèrent le palais le Kanas et tuèrent le dernier grand roi des Damis.

Le scribe Sabout s'enfuit du palais avant qu'il ne soit pris par les flammes. Il appela son fils Naham et lui dit :
- Naham mon fils les terres de Manasé sont en feu. Il te faut partir là où la folie des hommes ne te suivra pas. Va chercher ton frère Yda qui vit en Damanis et ensemble partez rejoindre Yo votre jeune frère en terre des élomites là-bas vous vivrez en paix et pourrez transmettre notre histoire.
Naham partit dans la barque du roi et rejoignit la mer d'Axana jusqu'aux côtes de Daman.

Naham trouva la maison de son frère. Il fut accueilli par son épouse Calipé et ses enfants Atom et Mének. Calipé lui dit que Yda était parti pour plusieurs mois en terre de Fahcana.
Naham prit une caravane et emmena avec lui Calipé et ses enfants.
Ils montèrent jusqu'aux rives de la mer de Fahcana et prirent un navire pour rejoindre la cité où ce trouvait Yda.

Mais leur navire fut attaqué par des pirates qui les firent prisonniers et les revendirent à des marchands sur les plaines de Torouk.
Calipé était enfermée avec Mének dans la cage des femmes et Atom, qui était plus grand, était avec Naham et un autre homme qui s'appelait Abré-Ara.

Abré-Ara leur apprit la langue du pays et se lia d'amitié avec Naham.

Un jour qu'Abré-Ara voyait Calipé prier la clémence d'Alamon, il leur dit qu'il ne fallait pas prier Alamon devant les hommes des plateaux car seul le dieu taureau était vénéré dans ce pays.
Naham lui dit :
- Je connais cette légende, c'est celle de nos ancêtres les premiers. Mangi et Taros la femme lionne et l'homme taureau, les parents de tous les hommes sur terre, mais tu prétends qu'ils sont des dieux et qu'ils régissent encore le monde. Tu prétends que les humains ne portent pas de flamme sacrée en eux. Tu prétends que la femme n'est pas aussi sacrée que le sont la lune et le soleil. Nous connaissons les patriarches qui comme vous ont oublié leur propre passé, mais beaucoup d'entre eux ont compris et ont réappris les valeurs des préceptes universels. Nous nous libérerons de ces cages et tu porteras ma voix auprès des tiens. Rappelle-leur ce qu'ils savent déjà au fond d'eux-même.
Abré-Ara pris la main de Naham et lui dit qu'il ferait ainsi.

Les marchands les menèrent jusqu'à la grande cité de Bakahda pour les revendre.
Calipé pria Alamon pour qu'il leur vienne en aide.
Et Alamon entendit ses prières. Il se cachât derrière Lanna mettant toute la cité dans l'obscurité.
Apeurés les chevaux bousculèrent leurs cages qui se brisa.
Naham entraina Abré-Ara Calipé et ses enfants pour se cacher dans les canaux de la ville.

Abré-Ara sourit et dit à Naham
Mes ancêtres m'ont raconté l'histoire qu'une grande cité prospère qui ne remerciait plus Alamon pour ses bienfaits. Alamon en colère a asséché leur fleuve et leurs canaux. Les hommes durent fuirent la cité pour vivre comme bergers dans les montagnes, là où Alamon ne pouvait les trouver. Aujourd'hui Alamon et Lanna m'ont sauvé. Je suis en paix avec eux
Après cela, Abré-Ara les quitta et parti vers l'est pour rappeler à tous la puissance d'Alamon et de Lanna.
Naham quitta la cité avec les siens pour retourner vers Fahcana, mais les marchands les rattrapèrent et les firent à nouveau prisonnier.

Plusieurs jours passèrent quand un groupe armé attaqua les marchands. Ils les tuèrent tous.
Le chef des hommes armés fit sortir les prisonniers de leur cage et les mena vers un homme qui était en retrait.
C'était Yda qui avait appris leur captivité et qui était venu les libérer.

Les hommes armés devaient continuer leur voyage jusqu'au pays des quatre sources,
Yda proposa de les suivre car depuis ce royaume ils pourraient rejoindre la mer par le fleuve.

…

(Yda et les siens on été recueillis par un roi dans son palais)

Les jardins étaient magnifiques. Il y poussait des arbres aux fruits juteux et des herbes capables de soigner tous les maux. L'eau était apportée depuis les montagnes par des canaux. Plusieurs hommes et femmes s'y retrouvaient pour échanger et écrire leur savoir.
Les hommes et les femmes de la cité n'avaient pas accès à ces jardins mais on pouvait voir à plusieurs endroits de pareils jardins destinés à tous.
Les hommes et les femmes se répartissaient les travaux de la ville en fonction de leur âge.
Enfants, ils étaient apprentis, jeunes adultes ils faisaient les travaux fatiguants. Plus âgés ils s'occupaient du commerce et de la régie, enfin, devenu vieux ils enseignaient aux plus jeunes.

Le roi Yana-Pad proposa à Yda et aux siens de rester à ses côtés. Car il n'avait que rarement des visiteurs venus de si loin.
Mais Yda craignait qu'il veuille séduire Calipé et décida qu'ils partiraient lorsque la nuit serait venue.

Ils échangèrent leurs chevaux contre une barque à voile et descendirent le grand fleuve jusqu'à la mer.


Yda et Naham naviguèrent jusqu'au royaume de Mahip mais le royaume était en guerre contre les makanéens.
Leur navire coula et ils furent faits prisonniers par le roi Abah-Yara qui les fit travailler à la mine royale.
Deux années s'écoulèrent sans qu'ils ne puissent sortir de la mine.
Mais Mének avait taillé des armes en cachette, et quand il fut prêt il arma tous les prisonniers pour combattre les Mahipéens.
Mének entraîna les siens jusqu'à la mer et prit une barque pour rejoindre les terres Arskan.
Calipé avait pris avec elle les trésors de la mine et pu ainsi payer les trois passages du canal d'Arskan.
Il s'était passé sept années entre le départ de Naham et son arrivée sur les côtes des terres Elomites.
Lorsqu'ils arrivèrent en la cité de Sadun les Arskas avaient envahi la cité et Yo n'y était plus.
On leur dit qu'il avait été enlevé avec plusieurs autres scribes pour le royaume Arska.
Atom qui avait grandi voulu rester en la cité de Sadun pour remplacer son oncle au travail de scribe.
Menek accompagna ses parents et Naham au pays Arskan pour retrouver Yo.
La reine Maha-Takara d'Arskan était une des plus grandes reines de l'histoire du royaume. Elle accepta de recevoir Yda et Naham.
Elle leur promit de leur rendre leur frère s'ils travaillaient tous deux pour elle pendant sept années.

Yda offrit à la reine ses connaissances du monde, il fit élever le temple d'Alamon et dessina le palais funèbre de la reine.
Naham rejoignit Yo au temple de Menat. Ensemble ils transcrivirent les histoires des damis et rendirent aux arskas le savoir originel.
Menek s'installa avec sa mère dans la cité d'Apiré où résidaient les enfants de Yo. Il travailla comme ouvrier ...
…
Yo refusa l'aide de la reine. Alors la reine lui ôta ses colliers et l'envoya à Apiré pour qu'il soit ouvrier.
…
Elio pris la barque pour la cité de Sadum

…

Livre IV chapitre 2 : la prédication de Cahi

Un jour la reine Athéraé d'Ariaha vint à Appasa rencontrer Cahi la prédicatrice.
Cahi l'accueillit et lui dit :
Tu viens me voir car tu t'inquiètes pour tes enfants et les enfants de tes enfants, mais les jours à venir sont marqués par le sang. Et les derniers lanides vont s'effacer dans le temps. C'est ainsi que vont les choses.
La voie de la religion mère s'est étendu au delà de toutes les mers et de toutes les montagnes. Mais la force des patriarches est grande et elle finira par faire oublier nos ancêtres et nos savoirs.
Mais rassure-toi. Un jour viendra où l'âme des hommes retrouvera son passé. Alors ils comprendront. Et l'esprit des lanides renaîtra.
Il viendra sept prophètes à travers les âges, tous tâcheront de faire renaître la foi de Mangi dans leur époque, mais seuls leurs disciples parleront pour eux.
Comme il faut six lunes à Alamon de sa renaissance à son règne, il faut plusieurs vies pour que le prophète devienne roi.

La prédicatrice invoqua alors l'esprit de Menat et annonça les années qui feront l'avenir.

288 années après cette année
Tous les empires de la terre s’ébranleront
Les hommes marcheront sur toutes les routes et rameront sur toutes les mers
Faisant couler le sang et les larmes

288 années après cette année
Les hommes oublieront Mangi et Taros
Et ne prieront plus Lanna ni Alamon
Istar restera dans leur cœur et régnera dans leur cité

288 années après cette année
Un prophète apparaîtra à chaque point de la terre
Ils transmettront l'héritage de Menat
Et leurs disciples les inscriront dans le temps

288 années après cette année
Les hommes oublieront les premiers prophètes
Naîtra alors l'Empire du ciel
Kaour restera dans leur cœur et régnera dans leurs cités

288 années après cette année
Un cinquième prophète apparaîtra sur la terre
Il transmettra l'héritage d'Aris
Et son disciple l'inscrira dans le temps

288 années après cette année
Les hommes oublieront Mangi et Taros
Naîtra alors l'Empire des eaux
Aris restera dans leur cœur et régnera dans leurs cités

288 années après cette année
Un sixième prophète apparaîtra sur la terre
Il transmettra l'héritage d'Alamon
Et son disciple l'inscrira dans le temps

288 années après cette année
Les hommes transmettront l'héritage de Menat
Naîtra alors l'Empire de la lune
Menat restera dans leur cœur et régnera dans leurs cités

288 années après cette année
Les hommes oublieront Tikis et Istar
Naîtra alors l'Empire du vent
Kaour restera dans leur cœur et régnera dans leurs cités

288 années après cette année
Tous les Empires de la terre s’ébranleront
Les hommes marcheront sur toutes les routes et rameront sur toutes les mers
Faisant couler le sang et les larmes

288 années après cette année
Les hommes transmettront l'héritage de Menat
Les hommes oublieront Aris et Kaour
Et ne prieront plus Lanna ni Alamon

288 années après cette année
Tous les Empires de la terre s’ébranleront
Les hommes marcheront sur toutes les routes et rameront sur toutes les mers
Faisant couler le sang et les larmes

288 années après cette année
Un septième prophète apparaîtra sur la terre
il transmettra l'héritage de Tikis
Et son disciple l'inscrira dans le temps

288 années après cette année
Les hommes oublieront Mangi et Taros
Naîtra alors l'Empire du temps
Istar restera dans leur cœur et régnera dans leurs cités

288 années après cette année
Les hommes transmettront l'héritage de Mangi et Taros
Ils prieront Lanna et Alamon
Mangi restera dans leur cœur et régnera dans leur cité pour toujours.


Interprétation et perspectives

La révélation de ce témoignage m'a incité à pousser des recherches plus approfondies.
J'ai présenté ce document à beaucoup de personnes : historiens, philosophes, archéologues, ethnologues...
Tous, par leurs analyses et leurs interprétations de ces textes m'ont aidé à me forger mon propre point de vue sur le sujet.

Ce qui suit est le fruit d'une réflexion personnelle et sort du cadre purement objectif que j'ai emprunté pour cette traduction.